L' ART DE BIEN VIEILLIR

 L’ART DE BIEN VIEILLIR

Anselm GRÜN

Ed. Albin Michel 2018 – 180 p.

Anselm Grün, né le 14 janvier 1945 en Bavière, est moine à l'abbaye bénédictine de Münsterschwarzach . Docteur en théologie, il est conseiller spirituel et animateur de retraites. Il a écrit de nombreux livres trés accessibles sur la méditation et la psychologie.

 

Bien vieillir ne va pas de soi et si chacun(e) a son histoire et son parcours trés personnels, quelques conseils peuvent être plus que bienvenus.

Jusqu’à un certain âge, on n’y pense guère, mais un jour la maladie ou même simplement des signes de fatigue nous alertent et une inquiétude se profile. Soudain, on prend conscience que quelque chose d’irréversible est en marche, on ne voit plus son avenir d’un même oeil.

Anselm Grün nous montre qu’avec l’âge, même le grand âge, se présentent aussi de nouveaux horizons et pourquoi pas la promesse d’un renouvellement inattendu.

En résumé, quelques pistes à méditer … et un bon livre à offrir à ceux et celles que cela concerne.

Le sens de la vieillesse

Repenser au passé peut être positif. Le temps de la vieillesse nous invite à accepter son âge, „à rentrer en nous-mêmes et à découvrir le trésor de nos souvenirs, riches d’images et d’expériences vécues“ (p.17). C’est un accès à plus de sagesse, de gratitude, ce qui était important est relativisé, la vie devient plus grave et pour le chrétien , il y a souvent une plus grande capacité à s’ouvrir à Dieu. La Bible accorde une grande valeur à la vieillesse : pensons à Zacharie et Elisabeth, à Syméon (Lc 2, 29-32) et Anne, à Job. Leur expérience leur fait voir au-delà des apparences et ils saisissent mieux la cohérence des choses. Mais la sagesse s’apprend aussi .

L’aboutissement de la vieillesse, qui, en nous menant à la mort, confie à Dieu, le parachèvement de notre existence.“ (p.27)

L’acceptation de sa propre existence
Bien des personnes, de tous âges d’ailleurs, se lamentent sur leur existence .“Elles s’enferment dans l’accusation et le reproche et ont le sentiment qu’on les néglige et qu’elles ne valent plus rien.(p.29). Il n’est pas facile effectivement d’accepter de ne plus être aussi performant, estimé, reconnu.
A-t-on bâti sa vie sur le regard des autres ? S’accepter tel qu’on est, tels que nous sommes aimés de Dieu et rendre grâce pour ses merveilles : la vie, la beauté, le voir et le toucher, sentir et goûter, les progrès de la science, les arts… et avoir devant soi, l’éternité toute entière.

Même si notre homme extérieur s’en va en ruine, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour.“ (2 Corinthiens 4,16).

Cela demande des efforts, du travail sur soi, de nouvelles bases, faire son deuil de ce qui a été enlevé, se réconcilier parfois avec le passé pour vivre le présent plus paisiblement.
Accepter ses limites, apprendre à vivre avec la solitude et avec Dieu.

Lâcher prise

Notre vie est un perpétuel lâcher-prise car nous devons vivre au présent afin d’évoluer et de nous renouveler. Cela s’apprend dès la jeunesse et devient plus sensible à la retraite et quand diminuent les forces physiques. On voit peu à peu aussi partir ses proches. Lâcher-prise n’est pas se résigner, ni cesser d’exister, mais se libérer peu à peu de son ego, de ses illusions, et, si on est croyant, trouver en Dieu le but ultime de son existence.

La fécondité

Le but n’est pas de fuir la solitude mais de s’occuper, si on a une passion ou en aidant les autres, dans la mesure de ses possibilités et dans la paix. Un large éventail d’activités est proposé aux personnes âgées mais il faut faire le bon choix sans tomber dans des distractions sans grand intérêt.

Et elles peuvent être une aide précieuse dans les familles et communautés.

Vieillir ensemble

Chez soi ou en maison de retraite, il est important d’avoir un minimum de vie sociale, sans exigences excessives, en restant à sa place mais avec une écoute bienveillante, en priant pour ses proches, pour l’Eglise ou pour le monde. Et n’oublions pas que les anciens ont encore beaucoup de choses à nous dire.

Les vertus du grand âge

La sérénité, et pour les croyants s’en remettre à Dieu, procure un sentiment de paix intérieure. Ne peut être serein que celui qui connaît la mesure et se libère des attentes et des exigences qu’on peut avoir envers soi ou les autres.

La patience. „Espérer ce que nous ne voyons pas, c’est l’attendre avec constance(Romains 8,25), et aussi supporter avec patience ( parfois dans la souffrance) les faiblesses physiques et de caractère d’autrui (Règle de saint Benoît 71,4). S’accepter mutuellement, cohabiter dans la paix. Etre capable de rire ou sourire de ses propres faiblesses. S’autoriser à être tel qu’on est devenu y compris pauvre et faible.

La douceur, signe d’une véritable spiritualité, d’une bienveillance envers son prochain.

La liberté : d’opinion, de sentiments. On n’a plus rien à prouver, être vrai et libre.

La gratitude : abandonner une insatisfaction permanente et considérer avec gratitude ce que la vie a donné et donne encore. „Seul celui qui éprouve de la gratitude peut tisser des liens d’amitié et vivre en société.(p.114)

L’amour.

Se déprendre en partie de notre narcissisme, en laissant émerger la tendresse qui „excuse tout, croit tout, espère tout, supporte tout.(Corinthiens 13,7)

Répondre à l’angoisse et à la dépression

Souvent liées à l’âge de la retraite où la personne cesse de se définir par rapport à son travail et à son autorité. C’est une sorte de passage, de détachement qui conduisent vers de nouvelles fondations propices à un renouvellement des valeurs. Il ne s’agit plus de faire mais d’être.

Le décès du conjoint déstabilise aussi, de même qu’un placement en maison de retraite et l’accompagnement des proches est important. Celui du médecin peut être nécessaire.
Peur de la dépendance ou d’être abandonné, peur de mourir.

Le chemin du silence

Bien vieillir requiert la capacité d’être silencieux; de songer à ce qui fut et à ce qui est, mais aussi de se taire devant le mystère de la vie et celui de la mort.(p.131)
Rendre grâce pour le passé et non regretter ou ruminer sans cesse.
Le silence des vieilles personnes les prépare à mourir et „la croyance en l’éternité qui nous est offerte en Jésus-Christ verse sur l’âme humaine un baume salutaire.“(p.156) De ce silence qui répand autour de lui une quiétude bienfaisante, surgissent parfois des mots pleins de lumière.

Le dépassement de soi

La foi elle aussi évolue avec l’âge. Cela peut être une période de crise, une remise en question , des doutes. Mais on peut choisir résolument de croire en Dieu et de continuer à nourrir trés simplement sa vie et sa foi. Etre là devant Dieu dans le silence. C’est tout.

DG

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

LES FLEURS DE L'AVENT

DIEU APRES LA PEUR

Risques et dérives de la vie religieuse