Le moine Philémon de Gaza médite l'Evangile de Luc
Le moine Philémon de Gaza médite l’Evangile de Luc
Daniel Bourguet (éditeur)
Editions Olivétan 2024– Coll. Veillez et priez
Daniel BOURGUET, ancien pasteur et professeur de théologie, vit en ermite et se consacre à la prière et à la méditation de la Bible. Il fait partie de la Fraternité spirituellle des Veilleurs, qui rassemble des chrétiens de tous horizons, désireux d’inscrire la prière dans le quotidien de leur vie.
Vieille de quinze siècles cette méditation profonde et lumineuse sur l'Evangile de Luc du moine Philémon de Gaza, traduite pour la première fois en français par un moine contemporain anonyme qui l’a confiée à Daniel Bourguet, constitue une véritable transmission de ce que peut être notre prière à partir de l’Evangile.
Lire le texte (seulement mentionné par ses références dans ce document), repérer l’idée principale, un mot important, chercher à bien l’écouter et le comprendre puis laisser son coeur s’ouvrir à cette Parole de Dieu avec émerveillement.
Le moine n’a sans doute pas cherché à transmettre sa prière, il l’a écrite pour lui et pour Dieu. Ce qui lui donne une certaine pureté. Il contemple avec une grande simplicité ce que cette Parole lui découvre et lui offre, ce qu’elle lui propose pour mener sa vie à la lumière de l’Evangile.
La beauté de ces méditations nous touche en profondeur soulignant combien la Parole de Dieu est atemporelle et elle nous aide à essayer de prendre un chemin semblable, simple, accessible à condition d’être dans une vraie attitude d’accueil.
Daniel Bourguet, qui édite l'oeuvre, l’a aussi annotée, et c’est précieux, pour que le lecteur en saisisse toute la richesse et toutes les subtilités.
Sont parus également du même auteur les méditations sur les Evangiles de Matthieu, Marc et Jean. Des perles précieuses à découvrir en ce temps de Carême.
D.G
Extraits
Saint Luc 7,11-17 – La veuve de Naïm (p.120-121)
- Le récit de la résurrection du fils de la veuve de Naïm n’a pas de parallèle dans les autres évangiles, il est trés semblable en revanche à un récit de l’Ancien Testament [résurrection de l’enfant de la veuve de Sarepta 1R 17, 17-24). J’ai donc pris le temps de lire et de méditer cet autre récit… On s’aperçoit qu’il reprend une trés belle expression décrivant ce que fait Elie de l’enfant et qu’il attribue également à Jésus : „Il le rendit à sa mère.“ Quel magnifique geste ! Quelle délicate attention pour consoler une mère éplorée ![…] J’ai pu constater qu’Elie ne fait pas lui-même le miracle de la résurrection, mais qu’il prie Dieu de l’accomplir, alors que, de son côté, Jésus ne prie pas et qu’il accomplit lui-même le miracle … On voit les nombreux gestes que fait Elie pour l’enfant, alors qu’il suffit à Jésus de toucher le cercueil … „Je te le dis“ lui ordonne-t-il de sa propre autorité... Jésus est plus qu’un grand prophète, plus grand que le plus grand des prophètes, il est Dieu.
- Saint Luc 16, 10-18 : „Chacun se force pour entrer dans le Royaume de Dieu.“ (p.244)
Le verbe utilisé ici par Jésus est rare dans les Ecritures, mais le sens en est clair. Jésus ne nous invite pas ici à forcer le Royaume pour y entrer, mais à nous forcer nous-mêmes, à user de force, non contre Satan, ni même contre Dieu, mais contre nous-mêmes, en luttant contre une partie de nous-mêmes qui n’est pas encline à entrer dans le Royaume. C’est donc à un vrai combat intérieur que Jésus nous invite ici.
- Saint Luc 17, 11-19 – Notre ingratitude. (p.254)
Ô mon âme, soyons attentifs à l’ingratitude, cette grave maladie qui peut tous nous affecter…. Rendons grâce au Seigneur pour ce texte d’évangile qui nous est adressé, ce texte à travers lequel nous pouvons entendre l’Esprit-Saint nous inviter à la reconnaissance pour les multiples bienfaits qui nous sont accordés chaque jour. Rendons grâce pour chaque bienfait de Dieu, pour chaque signe de sa grâce, pour chaque signe de son amour, et déjà pour avoir créé notre coeur pour la reconnaissance et l’adoration.[... ]Seigneur Jésus, prends pitié de moi et, dans ta grâce, veuille me guérir de l’ingratitude…
- Saint Luc 18, 1-8 – „Il faut toujours prier “. (p.263)
C’est l’activité par excellence du moine. Jésus l’a demandé à chaque chrétien, quel qu’il soit, mais c’est encore plus vrai pour le moine qui consacre sa vie à Dieu. Consacrer sa vie à Dieu, c’est tout lui offrir, chaque moment de sa journée; c’est avoir sans cesse le coeur tourné vers lui, être en silence devant lui, le contempler, que ce soit dans l’église, dans sa cellule ou ailleurs, partout et en tous temps; c’est cela prier sans cesse (1Th 5,17). Etre seul avec Dieu, c’est toute la vie du moine, sans pour autant chasser les autres de son coeur, mais les porter dans sa prière, c’est cela aussi prier sans cesse. Rien n’est plus beau, car c’est être sans cesse en présence de Dieu, mais rien n’est plus difficile aussi comme le dit Abba Agathon [Apophtegme 91, note p.263] car c’est un combat incessant contre les pensées qui ne cessent de nous détourner et de nous éloigner de Dieu…
Vois-tu mon frère, pour prier sans cesse, commençons par demander sans cesse à notre Père le Saint-Esprit; frappons sans cesse à la porte de son coeur sans crainte de l’importuner, car nous ne dérangeons jamais celui qui nous aime infiniment ; frappons à sa porte et il nous répondra.

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