PAYSAN DE DIEU

 PAYSAN DE DIEU
Frère François CASSINGENA-TREVEDY

Ed. Albin Michel 2024, 235 p.

Grand prix Moron 2025, Prix littéraire de la liberté intérieure 2025

Après plus de trente ans de vie monastique bénédictine, Frère François Cassingena-Trévedy, docteur en théologie, traducteur de Virgile et des Pères de l’Eglise syriaque, s'est installé au coeur de l'Auvergne, sur le plateau du Cézallier.

Tout en restant fidèle à la prière monastique , l’auteur a choisi de s’engager dans la condition paysanne, mon être le plus véritable, ce que depuis longtemps, j’attendais d’être.“ A travers une sorte de journal de bord très vivant, il nous offre ses découvertes de la vie dans le Cantal, aux côtés des agriculteurs avec lesquels il partage sans relâche et avec bonheur leur vie quotidienne. Frère François en est particulièrement heureux et humblement fier car cette vie rude n’est pas donnée à tout le monde. Il va s’y épanouir, en être comblé car il y trouve aussi sa place de prêtre qui accompagne les familles dans leurs joies et leurs peines ainsi que dans les fêtes liturgiques.

L’étable devient pour lui „aussi sacrée que l’église“. Rien de choquant . On admire la cohérence de sa vie au plus près de la terre, des saisons, des hommes et des animaux, et sa foi qui s’y trouve reliée très naturellement, comme une évidence . A travers ce récit à la fois poétique et au plus près de l’humanité, c’est un pur bonheur de lecture, un regard neuf posé sur la création et la vie de tous les jours, un hommage aussi au monde agricole.

DG

Extraits

- Nous avons partagé le repas. Bruno, le fils, le paysan, était là. Maintenant il me tutoie. Ce tutoiement est le plus beau salaire qui puisse rémunérer mon travail de jardinier.(p.52)

- Pour la bénédiction des huit troupeaux qui feront station au foirail de Maillargues avant de défiler sur la route principale du bourg, décoré de branches de genêts en fleur et grossi d’échoppes éphémères, j’ai composé une formule qui ne se trouve dans aucun rituel : elle parle de vie, de travail, d’émerveillement, de reconnaissance, d’amitié, d’éternelle et verdoyante estive. Les Salers, parées comme des madones, sortent des bétaillères sous les regards de la foule et s’égaillent dans l’enclos d’attente aménagé pour elles. ( p.75)

- Le soir, à la nuit tombante, les stabulations brillent comme des cathédrales çà et là, de loin en loin sur les plateaux déserts, pour les Vêpres ordinaires de la traite et de la distribution du foin. (p.193)















Quatrième de couverture

Paysan de Dieu

François Cassingena-Trévedy, retiré au coeur de l'Auvergne après des décennies de vie monacale en abbayes bénédictines, nous livre ici un journal de bord singulier, rythmé autant par les « travaux et les jours » d'un peuple de hautes terres - celui du plateau du Cézallier dans le Cantal - que par la succession des fêtes de l'année liturgique.

Au fil des pages, le lecteur comprend qu'il y a ici adéquation, sinon équivalence, entre le temps ordinaire des tâches les plus humbles, soumises aux aléas des saisons et des bêtes, et le temps liturgique qui élève l'âme par ses rites et ses chants. L'étable apparaît alors « aussi sacrée que l'église », la traite devient un « exercice cultuel », et la bouse « la matière d'un poème ». Aucune provocation dans ces formules surprenantes, seulement le vécu d'un moine qui a choisi de s'engager dans la condition paysanne, comme jadis la philosophe Simone Weil avait voulu embrasser la condition ouvrière. Ce faisant, il participe par son écriture poétique à la promotion d'un monde rural aujourd'hui éprouvé, et à la réhabilitation du nom de « paysan » qu'il va jusqu'à attribuer à ce « Dieu caché » auquel il destine quotidiennement ses mélodies grégoriennes.


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