LA SAGA D'ABRAHAM
La saga d'Abraham
Bruno REGENT
Editions Jésuites 2017 – 237 p.
Voici une lecture explicative assez originale et particulièrement intéressante de la vie d’Abraham.
Chapitre après chapitre, présentés dans des encadrés, l’auteur fait intervenir les différents acteurs de l’histoire d’Abraham. Ceux-ci s’expriment sur les évènements avec leur ressenti, leurs explications, leurs interrogations et leurs convictions. Avec clarté et un grand respect du texte biblique.
C’est un très bon éclairage pour le lecteur qui rentre ainsi plus facilement dans une histoire, un contexte, et la vocation d’un homme, Abraham, „père des croyants“ pour les juifs, les chrétiens et les musulmans.
„ L'itinéraire d'Abraham, le père des croyants, n'est pas celui d'un homme exemplaire, héros de la foi, faisant tout bien et demeurant dans la confiance malgré les épreuves. Il reçoit une hérédité compliquée, oscille entre le mensonge, les doutes, le courage et la confiance. Ses interrogations sont étonnamment modernes : le mensonge est-il profitable ? La gestation pour autrui peut-elle remplacer la naissance d'un enfant dans une relation de couple ? Comment tenir dans l'espérance quand les promesses tardent à se réaliser ? Comment faire un reproche à quelqu'un tout en le respectant ? L'accueil de l'étranger a-t-il un lien avec la fécondité ? Quelle est la terre qui m'est promise ? Dans la patience, dans l'apprentissage des relations, Abraham apprend à être bénédiction pour les autres, à être source de vie, sans la retenir. Dieu se montre fidèle à celui qu'il a appelé à vivre. Osons donc devenir les héritiers de la saga d'Abraham, pour vivre de la bénédiction en terre promise, et engendrer la vie ! „ (4° de couverture)
Extrait.
Genèse 12, p.26-27
Abram : „ Avec du recul, quand je vois le déroulement de ma vie, par où je suis passé, il me faut témoigner qu’il serait ingrat de ne pas reconnaître que le Seigneur était intervenu dans ma vie : cela a produit un tel fruit, cela m’a fait connaître de telles joies (mais aussi des épreuves); qu’il faut bien dire que ce qui est venu à ma conscience, à ma volonté, à ma décision, venait de bien plus loin que moi, débordait ma raison, ma prudence. S’il n’y avait que moi, laissé à moi-même, je n’aurais ni pensé à cette audace ni osé entreprendre. Moi, je suis un aîné, un qui ne remet pas en cause l’ordre établi, qui cherche à ne pas faire de peine.
Je ne sais comment vous dire qu’à la fois quelqu’un m’a parlé - car j’ai entendu de l’inouï – et que personne ne m’a parlé, à la manière dont quelqu’un parle à un autre. Dire que c’est le Seigneur qui m’a parlé, cherche à dire cette expérience étrange d’une parole sans parole, d’une présence dans l’absence.“

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